La valeur locative sera supprimée le 1er janvier 2029. En contrepartie, les propriétaires ne pourront plus déduire leurs frais d'entretien et de rénovation de leur résidence. Résultat : la manière — et surtout le moment — de rénover devient une décision fiscale. Voici ce qui change concrètement, et comment l'anticiper.
Ce que le peuple a voté
Le 28 septembre 2025, la Suisse a accepté à 57,7 % la réforme de l'imposition de la propriété du logement. Elle supprime la valeur locative — ce revenu fictif que le propriétaire occupant devait déclarer — pour les résidences principales et secondaires.
Le Conseil fédéral a confirmé le calendrier le 1er avril 2026 : après une période transitoire, la réforme entre en vigueur le 1er janvier 2029. Jusque-là, rien ne change : la valeur locative reste imposable et les déductions actuelles restent valables.
Ce qui disparaît pour les propriétaires
La suppression de la valeur locative a une contrepartie : la fin de plusieurs déductions.
| Déduction | Aujourd'hui | Dès 2029 |
|---|---|---|
| Frais d'entretien et de rénovation (logement occupé) | Déductibles | Supprimée (fédéral, cantonal, communal) |
| Mesures d'économie d'énergie | Déductibles | Supprimée au fédéral ; les cantons peuvent la garder jusqu'en 2050 |
| Intérêts hypothécaires | Largement déductibles | Fortement limités |
| Premier achat (primo-accédant) | — | Déduction temporaire des intérêts (10 ans, dégressive) |
Autrement dit : après 2029, entretenir ou rénover son propre logement ne donnera plus droit, en principe, à une déduction fiscale — sauf mesures énergétiques dans les cantons qui choisissent de maintenir l'incitation.
Rénover avant ou après 2029 ?
C'est la vraie question. Tant que l'ancien régime s'applique (jusqu'à fin 2028), de gros travaux d'entretien — toiture, façade, fenêtres, chauffage — restent déductibles du revenu imposable. Après le basculement, cet avantage disparaît pour la résidence occupée.
Cette fenêtre pousse certains propriétaires à avancer des travaux planifiés. Mais avancer une rénovation n'a de sens que si le projet est réaliste au regard de la parcelle : une surélévation ou une extension supposent des droits à bâtir disponibles, un gabarit compatible et l'absence de restriction au RDPPF. Rénover l'existant pour gagner en efficacité énergétique, à l'inverse, dépend surtout de l'état du bâtiment.
Résidences secondaires : un impôt cantonal possible
La réforme laisse aux cantons la possibilité d'introduire un impôt immobilier spécial sur les résidences secondaires à usage personnel, pour compenser une partie des recettes perdues. Les propriétaires de chalets et d'appartements de vacances doivent donc suivre la mise en œuvre canton par canton : la suppression de la valeur locative ne signifie pas nécessairement une charge nulle.
Ce qu'il faut faire maintenant
Cartographier les travaux prévus
Listez les rénovations envisagées d'ici 2030 et distinguez l'entretien (déductible jusqu'en 2028) des mesures énergétiques (potentiellement déductibles plus longtemps selon le canton).
Vérifier le potentiel de la parcelle
Une extension ou une surélévation dépend de la zone, de l'indice et du gabarit — pas du calendrier fiscal. Confirmez d'abord ce qui est constructible.
Suivre la mise en œuvre cantonale
Maintien de la déduction énergie, impôt sur les résidences secondaires : ces choix se décident au niveau du canton. Consultez la source officielle avant tout arbitrage.
La réforme rebat les cartes de l'entretien immobilier, mais elle ne dit rien du potentiel constructible de votre bien. Pour arbitrer entre rénover, agrandir ou vendre, la première donnée reste la même : ce que votre parcelle autorise réellement, sources officielles à l'appui.
